Étude de cas · Archives · Recolorisation IA

1914-1918 : recoloriser les archives de la Grande Guerre, tirailleurs sénégalais au centre

En avril 2026, Madhi Tortel, fondateur de Madh.IA, a recolorisé par IA des films d'archives de la Première Guerre mondiale conservés par l'ECPAD, en plaçant les tirailleurs sénégalais au centre du récit. Le film dure 39 secondes : deux tirailleurs qui sourient, une tranchée, un lancer de grenade, une femme à l'arrière, des mutilés, un champ de bataille dévasté. Plusieurs plans s'ouvrent sur l'archive en noir et blanc avant de basculer en couleurs. Un projet personnel, et une démonstration de ce que la recolorisation apporte à un fonds d'archives.

Par Studio vidéo IA, Lille Publié le 13 octobre 2026
Deux tirailleurs sénégalais en capote bleu horizon sous des arbres : l'un, coiffé d'une chéchia rouge, sourit une cigarette à la main ; l'autre, coiffé d'une chéchia claire, a une cigarette aux lèvres. Plan recolorisé d'un film d'archives de l'ECPAD.
Deux tirailleurs sénégalais, plan recolorisé par Madh.IA. Archives : ECPAD.

L'essentiel

Le défi : rapprocher des visages que l'archive tient à distance

Les films tournés pendant la Grande Guerre existent, et l'ECPAD, qui conserve les archives audiovisuelles de la Défense, en garde une grande partie. Mais ils arrivent au spectateur d'aujourd'hui en noir et blanc, rayés, au format presque carré. On les regarde comme des documents ; on s'y attarde rarement comme on regarderait des gens.

Les copies de travail du projet étaient en plus en basse définition : l'un des films sources est en 480p, un autre en 272p. Il fallait en tirer un film en 2664 × 1440, sans que la netteté gagnée invente des détails qui n'existent pas.

Le sujet, enfin. Les tirailleurs sénégalais sont présents dans ces archives ; le projet a choisi de les placer au centre du récit, et de commencer par leurs visages.

L'idée : montrer l'archive, puis la couleur

Le film ne cache pas sa source. Plusieurs plans commencent sur l'archive telle qu'elle est, en noir et blanc, puis basculent en couleurs : le spectateur voit l'original avant l'interprétation. Le récit avance en trois temps.

En 39 secondes, le film passe des hommes à ce que la guerre leur a laissé. Il se termine sur un carton : « Recolorisé par Madhi ».

La réalisation : une image fixe, puis le mouvement

  1. Choisir les passages. Dans les films de l'ECPAD, le travail commence par le tri : des moments où l'on voit un visage, un geste, une attitude. Un plan d'ensemble flou se prête mal à la couleur ; un regard, oui.
  2. Recoloriser une image par plan. Pour chaque passage, une image fixe est recolorisée par IA. Le dossier du projet en garde la trace : onze images recolorisées, et onze vidéos qui leur correspondent. Pour la recolorisation, le studio utilise notamment Nano Banana.
  3. Remettre l'image en mouvement. La vidéo est reconstruite à partir de l'image recolorisée. Sur certains plans, le cadre s'élargit au passage à la couleur : le format presque carré de l'archive devient un format large.
  4. Monter. L'alternance du noir et blanc et de la couleur donne le rythme. Plusieurs plans recolorisés portent une petite mention « AI » dans un coin de l'image.
Soldat français dans une tranchée, casque Adrian bleu, lunettes à verres orangés et masque de tissu sur le bas du visage, devant des sacs de sable ; d'autres soldats masqués derrière lui. Plan recolorisé d'archives de l'ECPAD.
Un soldat en tranchée, lunettes et masque : plan recolorisé. Archives : ECPAD.

La couleur reste une interprétation. Elle s'appuie sur ce qui est documenté, comme le bleu horizon des capotes ou la chéchia rouge des tirailleurs, et elle ne remplace pas l'archive : les films d'origine sont ceux de l'ECPAD, et ils sont crédités comme tels. Les garde-fous de ce type de travail sont détaillés sur la page vidéo IA pour musées et patrimoine.

Le résultat : une archive qu'on regarde comme un moment vécu

Le film de 39 secondes est publié sur YouTube et présenté dans le portfolio, parmi les projets personnels. Il s'accompagne d'une vingtaine de plans recolorisés, dont des gueules cassées et des tranchées, qui forment une matière réutilisable. Le plan des deux tirailleurs a été repris dans le showreel 2026 du studio.

Ce que le projet démontre, pour un musée ou un détenteur d'archives : des sources en basse définition peuvent donner un film net et en couleurs ; un fonds peut être traité plan par plan, avec une méthode répétable ; et l'original reste visible et crédité. La même méthode a servi pour Paris 1900, sur des images du tout début du cinéma.

Pour quel besoin ce type de vidéo ?

Avant toute production, le détenteur des archives confirme les droits d'usage. Les règles de transparence pour un contenu modifié par IA sont résumées dans notre guide AI Act et vidéo générée par IA.

Des archives à faire revivre ?

Envoyez-nous un extrait et dites-nous à qui le film est destiné : un appel de 30 minutes pour cadrer le projet, puis une proposition sur devis.

Parler de votre projet Musées et patrimoine

Madhi Tortel est AI Filmmaker et fondateur de Madh.IA, studio vidéo IA basé à Lille. Il met en 3D (Blender), en vidéo générative et en motion design des produits et des procédés qu'aucune caméra ne peut filmer.