1914-1918 : recoloriser les archives de la Grande Guerre, tirailleurs sénégalais au centre
En avril 2026, Madhi Tortel, fondateur de Madh.IA, a recolorisé par IA des films d'archives de la Première Guerre mondiale conservés par l'ECPAD, en plaçant les tirailleurs sénégalais au centre du récit. Le film dure 39 secondes : deux tirailleurs qui sourient, une tranchée, un lancer de grenade, une femme à l'arrière, des mutilés, un champ de bataille dévasté. Plusieurs plans s'ouvrent sur l'archive en noir et blanc avant de basculer en couleurs. Un projet personnel, et une démonstration de ce que la recolorisation apporte à un fonds d'archives.
L'essentiel
- Client : projet personnel de Madhi Tortel, pas une commande.
- Secteur : histoire, archives, mémoire de la Première Guerre mondiale.
- Livrable : un film recolorisé de 39 secondes (2664 × 1440) et une vingtaine de plans recolorisés : tirailleurs, tranchées, gueules cassées.
- Sources : films d'archives de l'ECPAD, dont « Vers les lignes de feu », « Les annales de la guerre n° 24 » et « Cessez-le-feu ».
- Outils : recolorisation d'images fixes par IA, remise en mouvement des plans, montage.
- Résultat : des archives en basse définition devenues un film net et en couleurs, publié sur YouTube et présenté dans le portfolio.
Le défi : rapprocher des visages que l'archive tient à distance
Les films tournés pendant la Grande Guerre existent, et l'ECPAD, qui conserve les archives audiovisuelles de la Défense, en garde une grande partie. Mais ils arrivent au spectateur d'aujourd'hui en noir et blanc, rayés, au format presque carré. On les regarde comme des documents ; on s'y attarde rarement comme on regarderait des gens.
Les copies de travail du projet étaient en plus en basse définition : l'un des films sources est en 480p, un autre en 272p. Il fallait en tirer un film en 2664 × 1440, sans que la netteté gagnée invente des détails qui n'existent pas.
Le sujet, enfin. Les tirailleurs sénégalais sont présents dans ces archives ; le projet a choisi de les placer au centre du récit, et de commencer par leurs visages.
L'idée : montrer l'archive, puis la couleur
Le film ne cache pas sa source. Plusieurs plans commencent sur l'archive telle qu'elle est, en noir et blanc, puis basculent en couleurs : le spectateur voit l'original avant l'interprétation. Le récit avance en trois temps.
- Les visages : deux tirailleurs qui sourient, cigarette à la main, ouvrent le film.
- Le front : un soldat en lunettes et masque dans une tranchée, un autre qui avance entre les parois de terre, un tirailleur qui lance une grenade par-dessus les sacs de sable.
- L'arrière et les traces : un brancard qu'on charge dans une voiture, une femme qui écrit dans un atelier où s'empilent des casques, des mutilés aux commandes d'une machine agricole, un paysage d'arbres hachés.
En 39 secondes, le film passe des hommes à ce que la guerre leur a laissé. Il se termine sur un carton : « Recolorisé par Madhi ».
La réalisation : une image fixe, puis le mouvement
- Choisir les passages. Dans les films de l'ECPAD, le travail commence par le tri : des moments où l'on voit un visage, un geste, une attitude. Un plan d'ensemble flou se prête mal à la couleur ; un regard, oui.
- Recoloriser une image par plan. Pour chaque passage, une image fixe est recolorisée par IA. Le dossier du projet en garde la trace : onze images recolorisées, et onze vidéos qui leur correspondent. Pour la recolorisation, le studio utilise notamment Nano Banana.
- Remettre l'image en mouvement. La vidéo est reconstruite à partir de l'image recolorisée. Sur certains plans, le cadre s'élargit au passage à la couleur : le format presque carré de l'archive devient un format large.
- Monter. L'alternance du noir et blanc et de la couleur donne le rythme. Plusieurs plans recolorisés portent une petite mention « AI » dans un coin de l'image.
La couleur reste une interprétation. Elle s'appuie sur ce qui est documenté, comme le bleu horizon des capotes ou la chéchia rouge des tirailleurs, et elle ne remplace pas l'archive : les films d'origine sont ceux de l'ECPAD, et ils sont crédités comme tels. Les garde-fous de ce type de travail sont détaillés sur la page vidéo IA pour musées et patrimoine.
Le résultat : une archive qu'on regarde comme un moment vécu
Le film de 39 secondes est publié sur YouTube et présenté dans le portfolio, parmi les projets personnels. Il s'accompagne d'une vingtaine de plans recolorisés, dont des gueules cassées et des tranchées, qui forment une matière réutilisable. Le plan des deux tirailleurs a été repris dans le showreel 2026 du studio.
Ce que le projet démontre, pour un musée ou un détenteur d'archives : des sources en basse définition peuvent donner un film net et en couleurs ; un fonds peut être traité plan par plan, avec une méthode répétable ; et l'original reste visible et crédité. La même méthode a servi pour Paris 1900, sur des images du tout début du cinéma.
Pour quel besoin ce type de vidéo ?
- Musées et mémoriaux : une salle, une borne ou un parcours où l'archive en couleurs côtoie l'original.
- Commémorations : un film court pour une cérémonie, une collectivité ou une association, autour d'une date anniversaire.
- Médias et documentaires : des plans d'archives recolorisés pour un reportage, une série ou des formats courts.
- Archives d'entreprise : l'histoire d'une usine ou d'une marque racontée à partir de ses propres films.
Avant toute production, le détenteur des archives confirme les droits d'usage. Les règles de transparence pour un contenu modifié par IA sont résumées dans notre guide AI Act et vidéo générée par IA.
Des archives à faire revivre ?
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